COMPOSTEZ-MOI

DIFFUSION
Depuis octobre 2024 “Compostez-moi” a été diffusé sur les chaines et sur les plateformes numériques de ARTE (Europe), RTBF (Belgique), RTVE (Espagne) et Télé-Québec (Canada).
Des projections ont également eu lieu, souvent suivies de discussions et de débats, dans des salles de cinémas et autres lieux publics, notamment en France, Suisse, Belgique (Festival Docville), République tchèque (Festival One World), Roumanie (Festival Culmea).
SYNOPSIS
Et si, après notre dernier souffle, nous nous transformions en terre fertile, pour nourrir la vie et devenir un arbre ?
En Europe, des citoyens engagés plaident pour que le compostage des dépouilles humaines soit étudié, validé et légalisé. Aux États-Unis, cette alternative à la crémation et à l’inhumation est déjà pratiquée dans deux états.
C’est une idée culturellement révolutionnaire, alors qu’elle se base sur la décomposition aérobie, perfectionnée par la nature depuis des millions d’années.

Doucement, un mouvement encore méconnu et controversé se met en marche. Ses pionniers brisent les tabous, réveillent les consciences écologiques, secouent le monde funéraire, nous proposent une autre vision de la mort, régénératrice de vie, et ouvrent la voie vers la création de nouveaux rites.
INTENTION DE LA RÉALISATRICE
Genèse du projet
« J’aimerais devenir un arbre. » C’est le dernier souhait de ma mère, Karin Swildens, d’origine hollandaise, qui vit heureuse et en phase avec son temps, en Californie. Elle m’a transmis ce message un jour de l’été 2020, avant d’être admise à l’hôpital pour une opération. Vu qu’elle avait 78 ans et que le Covid faisait rage autour d’elle, ce n’était pas surprenant qu’elle pense à sa mort.
L’opération s’est bien passée, mais je me suis demandée comment je pourrais un jour exaucer ce vœu, que je croyais original. Depuis Bruxelles, j’ai entamé des recherches sur les options funéraires aux États Unis. J’ai découvert que le compostage des corps humains venait d’être légalisé dans l’état de Washington et qu’une pionnière, Katrina Spade, préparait l’ouverture du premier site à Seattle.
L’idée du compostage humain m’a frappée avec l’éclat d’une évidence. Je l’ai partagée avec ma mère, qui n’en avait jamais entendu parler, mais qui s’est écriée avec enthousiasme : « Oui ! C’est ça que je veux ! » Dans son atelier à Los Angeles, rempli de plantes et de soleil, son esprit et ses mains ont si longtemps façonné la terre pour créer des sculptures en céramique qu’il me semble tout à fait normal qu’elle veuille que son corps se transforme en cet élément.
Ce nouveau mode de sépulture existait-t-il aussi en Europe ? Non, du moins aucun autre pays ne l’avait encore légalisé. Mais ma curiosité m’a menée à rencontrer Francis Busigny, Ezio Gandin, Cléo Duponcheel, puis bien d’autres citoyens en Belgique, qui défendent l’humusation − un processus de « compostage naturel » qui, théoriquement, transformerait nos dépouilles en humus, afin de perpétuer le cycle du vivant.
J’ai décidé de suivre l’évolution de ce sujet d’actualité, dont l’ampleur des enjeux me fascinait, pour en faire un documentaire.

Intention
L’inhumation ou la crémation. Ce sont nos deux seuls choix. Dans quel autre domaine de nos vies, à la fois très intime et nous concernant tous, a-t-on si peu d’alternatives ?
Dans nos pays occidentaux, nous ne regardons plus la mort en face. Elle ne survient plus à domicile mais dans les maisons de repos et les hôpitaux. Nous la craignons, nous la cachons et nous l’avons rendue taboue. Le soin des dépouilles est délégué à des professionnels du secteur funéraire, et nos après-vies charnelles restent méconnues et opaques, car nos mains couvrent nos yeux : en gros, nous préférons ne rien en savoir et ne pas s’en soucier.
Mais c’est sans doute grâce à notre conscience écologique que nous commençons à écarquiller un peu nos doigts, à ouvrir un œil plissé, et à poser des questions. Que se passe-t-il réellement avec nos dépouilles enfouies dans des cercueils à plus de deux mètres sous le sol ?
À cette profondeur, sans oxygène, le processus de décomposition est lent et malodorant : c’est la « putréfaction anaérobie ». Autrement dit, nos corps pourrissent et risquent aussi de polluer les sols et les nappes phréatiques. Je contacte Vincent Varlet, qui plaide depuis des années pour le compostage humain et dirige le Swiss Human Institute of Forensic Taphonomy (SHIFT) à Lausanne. Il m’avoue qu’il ne sait plus quels conseils donner aux gestionnaires de cimetières en Suisse. « Ils sont désemparés », dit-il, « ils me montrent des corps qui ont dû être exhumés mais qui ne sont pas décomposés, même après plusieurs décennies. »
Et le four crématoire, inventé il y a plus de 150 ans ? Nos corps, essentiellement constitués d’eau, sont peu combustibles. Les brûler consomme une grande quantité d’énergie et envoie des gaz polluants dans l’atmosphère : gaz carbonique, mercure, dioxine. Les crématoriums modernes sont munis de systèmes de filtration, mais le nettoyage des filtres et la gestion de leurs déchets restent problématiques.
Autant d’informations que j’ai récoltées mais que j’ai choisi de mettre de côté. À quoi bon critiquer ce que l’on fait aujourd’hui, si l’on ne propose rien de nouveau et de mieux ? Ce que je voulais faire, c’était explorer « la troisième alternative » sous ses différentes facettes et lui donner 80 minutes d’écran. J’ai donc pris parti en faveur du changement − c’est à dire en faveur d’une ouverture des mentalités, puis des lois et du marché funéraires − en mettant la lumière sur des citoyens engagés qui se battent pour que cette alternative naisse.
En commençant par Cléo Duponcheel. Jeune, pleine de curiosité, d’énergie et de courage, elle est la protagoniste principale du documentaire. Entrepreneure des pompes funèbres qu’elle a nommées « Croque Madame », Cléo incarne le changement qui naît de l’intérieur du secteur funéraire. Elle défend le compostage humain pour son utilité écologique – le recyclage intégral de notre matière organique − mais aussi pour la beauté de sa symbolique. À ses yeux, la création de nouveaux narratifs et rites pourrait atténuer nos appréhensions face à notre propre fin et adoucir le deuil après le décès d’un proche.

C’est ce côté apaisant d’un retour physique et symbolique au vivant qui est mis en valeur, mais au fur et à mesure que le documentaire progresse, on découvre la complexité du sujet et les nombreux enjeux en « iques » qu’il soulève, notamment les questions éthiques. Mon objectif est que l’innovation du compostage humain serve de tremplin vers une multitude de réflexions sur notre approche à la mort, sur le sens de nos rites, sur notre connexion à la nature, qui nous unit tous, sur notre petitesse… Que cette innovation nous aide à sortir de nos carcans, à libérer la parole, à susciter le débat.

J’espère avoir traité ce sujet sans détours mais avec sensibilité et bienveillance. Je voulais éviter de choquer, d’être « lourd ». Éviter de déshumaniser la mort en cherchant à la démystifier. Ne pas juger ceux qui agissent. Il est normal que la recherche de nouvelles solutions soit parfois chaotique. Par moments j’avais l’impression, en filmant certaines scènes dans les Ardennes belges, que j’avais pénétré dans une peinture surréaliste de Magritte, « ceci n’est pas un cochon ». Mais ce qui compte c’est qu’au final, ces scènes puissent illustrer la valeur que nous attachons aux rites et rituels.

Je vise à amener les spectateurs à s’interroger sur leurs préférences personnelles, à peut-être découvrir ce qui les touche et ce qui les laisse indifférent, à sourire grâce à quelques petites notes d’humour. C’est peut-être ma façon de chercher à briser le tabou de la mort, ne serait-ce que le temps de la durée d’un documentaire.
PRÉSENTATION DES PROTAGONISTES

CLÉO DUPONCHEEL
Jeune entrepreneure bruxelloise en pompes funèbres. D’une simplicité naturelle, cette femme dynamique et positive exerce un métier atypique. En termes familiers, elle se définit comme croque-mort. En termes plus sérieux, comme opératrice funéraire polyvalente. Son entreprise « Croque-Madame » offre un service de prestations funéraires sur mesure, à la carte et écologiques. Cléo incarne le changement.

EZIO GANDIN
Dr en Sciences physiques, spécialisé en recherches et développement dans les domaines de la pétrochimie et de la science des matériaux. Co-fondateur et président de la Coopérative Humusation en Belgique. Il plaide pour que l’humusation soit reconnue en Wallonie. Il fait également partie du groupe liégeois des Amis de la Terre.

PIERRE LUXEN
Ingénieur agronome et forestier, directeur émérite de l’asbl Agra Ost, un centre de recherche et de formation agricole situé à l’Est de la Belgique. Spécialiste du compostage « classique », passionné par la valorisation des matières organiques, engagé dans de nombreuses actions citoyennes. Il vit en Ardenne.

PABLO METZ
Entrepreneur allemand et co-fondateur de « Meine Erde » qui se présente comme une société voulant révolutionner le monde des funérailles. Acteur de changement, Pablo est à la tête d’un projet pilote de compostage de corps humains au nord de l’Allemagne, dans le Land Shleswig-Holstein.

ROSIE INMAN-COOK
Directrice de l’association caritative « The Natural Death Centre » et de l’association « Natural Burial Grounds », ex-rédactrice en chef du magazine « More to Death ». Depuis plus de 20 ans Rosie défend et développe les « enterrements naturels » au Royaume Uni et donne de nombreux conseils sur tous les aspects de la mort, du deuil et des droits des citoyens.

GÉRARD FELDZER
Vice-président de l’association Humo Sapiens qui plaide en faveur du compostage humain en France. Ingénieur et ex-pilote de ligne, il est aussi président de l’association Aviation sans Frontières, vice-président de « A Tree for You » et de « Futura Mobility », consultant et journaliste. Il vit à Paris.

KATRINA SPADE
Pionnière. En 2017, l’américaine Katrina fonde « Recompose », une société d’utilité publique basée à Seattle et la première entreprise de compostage humain au monde. Depuis l’ouverture de son site en en décembre 2020, plus de 500 êtres humains y ont été « recomposés ».
FICHE TECHNIQUE
SCÉNARIO ET RÉALISATION
Gazelle Gaignaire
IMAGE
Gazelle Gaignaire & Patrice Michaux
SON
Gazelle Gaignaire & Yves Goossens Bara
MONTAGE
Luc Plantier
MONTAGE SON & MIXAGE
Olivier Huillet
MUSIQUE ORIGINALE
Hughes Maréchal
STUDIO D’ENREGISTREMENT & DE MIXAGE
Dada Studios
STUDIO MONTAGE & POST-PRODUCTION
Triangle 7
PHOTOGRAPHIE AFFICHE
Isabelle Françaix
PRODUCTION
Martine Barbé, Image Création
CHARGÉE DE PRODUCTION
Anne Kennes, Image Création
COPRODUCTION
RTBF Télévision Belge, Unité documentaires
RESPONSABLE COPRODUCTION DOCUMENTAIRES
Isabelle Christiaens
PRODUCTRICE ASSOCIÉE
Annick Lernoud
CHARGÉE DE PRODUCTION
Sacha Van Cauberg
COPRODUCTION
Proximus
PRODUCTRICE ASSOCI
Valérie Berlemont, Proximus
Avec l’aide du
Centre du cinéma et de l’audiovisuel
de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Avec le soutien de
Bel Arts Fund
Tax Shelter du gouvernement fédéral belge
Banque Triodos
Loterie nationale
CONTACTS
PRODUCTION
Martine Barbé, Image Création
imagecreation.martine@gmail.com
DIFFUSION & PRESSE
Emma Grégoire, Image Création

